Contournement ouest

by nicolasnova

Le trajet ferroviaire de Genève à Marseille permet d’observer la lisière Ouest des Alpes. En suivant plus ou moins le Rhône, le train longe le massif alpin, et la mise à distance des montagnes n’est que relative, puisque l’on peut toujours garder un œil sur les crêtes si le ciel dégagé le permet. Même dans la plaine de l’Ain ou depuis Lyon. En contournant les Alpes d’une telle manière — ce qui nécessite entre 3 heures 32 minutes et 5 heures 4 minutes selon les trains disponibles et les aléas — on se rend compte de la présence d’une skyline continue, immense, au découpage parfois vif, parfois doux, que l’on peut suivre sur des centaines de kilomètres. Et si la végétation change autour de la voie ferrée évolue, la rigueur géologique du massif alpin tient lieu de point de repère stable et vigoureux au cours d’un voyage qui n’est en presque plus vu la vitesse du trajet. Dans la vallée du Rhône, comme le dit mon voisin de TGV – un retraité belge qui suit du doigt la silhouette du Mont Ventoux sur la vitre du train – “c’est un trait continu qui se rapproche et qui s’éloigne”. Arrivé en gare de Marseille Saint-Charles, on sort sur le parvis, et on se dit « voilà, j’ai fait le tour par l’Ouest ».

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