Le cyanomètre saussurien

by nicolasnova

14 avril 2017, Musée d’histoire des sciences, Genève (Suisse). Dans l’une des salles dédiée au scientifique genevois Horace-Bénédicte de Saussure, on peut trouver cette réplique de son cyanomètre de 1787. Il s’agit là d’un instrument créé par cet illustre personnage, avec un vocation pour le moins éclairante, comme nous l’explique le fascicule du musée :

Le cyanomètre permet de distinguer et de chiffrer les nuances de bleu du ciel, et de Saussure construit lui-même les siens sur des petits cartons. Il y juxtapose des petits carrés de bleu numérotés de 1 à 16, chacun jouxtant un espace évidé à travers lesquels on peut voir le ciel et choisir sa nuance. Les carrés sont peints à l’aquarelle et à l’encre diluée, et l’échelle des nuances est au préalable soigneusement choisie et testée.

Parvenu au sommet du Mont-Blanc, le savant mesure un ciel très foncé entre 1 et 2, à Chamonix son fils l’estime entre 5 et 6, tandis qu’à Genève Sénebier le trouve à 7.

De Saussure pense que l’intensité du bleu du ciel varie selon la quantité de ‘vapeurs opaques’ de l’air. Ces recherches n’ont pas abouti, ce qui n’est pas très étonnant vu la complexité du sujet. Il imagine cependant, à juste titre, qu’à très haute altitude le ciel devient noir. La couleur foncée du ciel en montagne était d’ailleurs un sujet de frayeur pour les habitants de Chamonix.

Plus loin dans le musée, on peut contempler la vue sur les Alpes avec divers instruments, comme celui-ci ci-dessous.

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